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Toilet Story

Tiens, eh, coucou, bah comme j’en parle dans le dernier épisode de Mycose The Night , je me suis dit que j’allais republier ce post de 2012. (Bah quoi y’a quoi, on est recyclage ou on est pas recyclage, la startup nation ?) C’est pour ceux qui voulaient savoir comment ça finit. Ah, et aussi, je vous le livre tel quel mais depuis, j’ai essayé d’arrêter certains mots comme « putain », si tu veux savoir pourquoi, va là.  (La meuf arrive à placer deux posts de blogs sans rien glander, cébo)

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08/02/12

Mon mec vient de partir au boulot. Je finis mon café. Je vais aux toilettes, je ferme la porte à clé. Réflexe inutile, réflexe quand même. La serrure reste dans les mains. En un demi quart de huitième de seconde, je comprends. Je hurle « NAAAAANNNNN » au ralenti, comme dans les films. Je ne sais pas pourquoi, mais je le jure, c’était au ralenti. Pas en noir et blanc non plus, faut pas déconner. mais ça aurait été classe. Attends. J’ai le morceau de serrure, peut-être qu’en le remettant dedans je pourrais… nan. Ça tourne dans le vide. Je suis coincée.

J’ai pas mon… non, j’ai pas mon téléphone. Merde, merde, merde. Qu’est ce qui pourrait remplacer le morceau de serrure pour l’ouvrir. J’ai quoi, là. Un spray d’Air Wick, un rouleau de PQ, des BD et les 2 derniers numéros de Capital. SUPER. Pour connaitre les meilleures enseignes à reprendre en franchise, c’est bien, mais pour jouer à Mac Gyver, tu repasseras. Puuuutain. Je réessaie la serrure. C’est mort. Putain. Pu-tain. Réfléchis. Je fais le point. Il bosse toute la journée et va voir le match de foot . Cliché, bonjour. Pas rentré avant minuit. Il est genre 9 heures du matin. Ça fait 15 heures à passer dans les chiottes. Sans danger, mais chiant comme pas permis. J’ai mangé deux pancakes ce matin, ça me laisse quelques heures avant de crever la dalle. Je réalise que je ne sais pas quelle heure il est en fait. Et que plus le temps va passer, moins je saurai. Ne pas savoir, ça m’angoisse. Je pense à découper des petits morceaux de Capital, et à faire deux piles. Toutes les minutes, je mettrais un morceau de coté, pour savoir à peu près l’heure qu’il est. Une pile pour les heures, une pour les minutes. Je pense à Titanic, pas au moment de la trace de main dans la voiture, mais au moment où la maman couche ses enfants en sachant qu’ils vont mourir. Génial. Je suis  en train de chialer, toute seule dans mes chiottes fermés, c’est bon, arrête, y’a des mecs qui crèvent la dalle dans la neige, franchement ton histoire de toilettes, museau. Est-ce que c’est vraiment le bon moment pour que les deux parties de mon cerveau s’engueulent. Serrez-vous les coudes dans l’adversité, les gars, merde. Bon. Je pense à des blagues. Dans ma tête, j’imagine la page 8 février de Wikipedia, et je rajoute « Journée internationale des latrines”. Je pense au logo d’une émission de TV-réalité où les candidats seraient enfermés aux WC.  Oui, dans ma tête, j’ai Photoshop, apparemment. Si je pouvais échanger contre une appli télépathie, là, je prends.

 

En temps normal, j’ai peur des gens. Je ferais tout pour éviter de parler à des gens IRL. Ca inclut rester coincée des chiottes, plutôt que d’essayer de contacter une personne humaine. Mais, 15 heures, 15 putain d”heures ? Alors je hurle. Je hurle un petit peu, d’abord. Qu’est ce que je peux hurler. « EST-CE QU’UN VOISIN M’ENTEND… euh… S’IL VOUS PLAIT ??? » C’est nul. Je crains totalement en hurlement. Je m’assois. Oui, ça me fait sourire, c’est les chiottes, je peux m’asseoir, je peux à peu près faire que ça, mais ça je peux. Je pense à tous les gens enfermés partout dans le monde, retenus en otage, et je rigole, parce que ça va, tes WC c’est pas Kaboul, alors ferme-là, apprends Capital par coeur, compte le nombre de lettre A dans le magazine, je m’en fous, mais ferme là, parce que si tu commences à comparer une connasse coincée dans ses chiottes avec Natascha Kampusch laisse moi te dire que tu mérites une paire de claques historique . Génial. Je suis en train de me menacer moi-même. Je me lève. Je vais hurler, et ne pas m’arrêter. Je cogne la porte. J’ai mal. Une porte, ça ne se défonce pas DU TOUT d’un bon coup de pied comme dans les séries. Elle a même pas une égratignure, la connasse. Ok, je jure d’arrêter d’être vulgaire si j’arrive à sortir. Je fais le maximum de bruit, et je pense aux chanteurs qui veulent chauffer la salle en gueulant « Faites du bruiiiiiiiiit » ce qui est complètement con, parce que ça ne m’aide pas du tout.
Je cogne le mur, la porte, et les tuyaux, je repense à me cours de théâtre, je respire par le ventre, je pose ma voix, je pense à plein de séries américaines, que si quelqu’un m’entend hurler il va peut être avoir peur, alors je dis où je suis et pourquoi je gueule,  je hurle je suis coincée dans l’appartement 36, j’ai cassé la serrure, j’ai besoin qu’un voisin contacte quelqu’un, voilà, en boucle. Je fais un boucan d’enfer, il doit bien y en avoir un en rtt aujourd’hui qui va m’entendre, je suis coincée dans l’appartement 36, n’empêche si on arrête les 35 heures, JE SUIS COINCÉE DANS L’APPARTEMENT 36, les gens ne prendront plus de rtt, JE SUIS COINCÉE DANS L’APPARTEMENT 36, et si les gens ne prennent plus de rtt , JE SUIS COINCÉE DANS L’APPARTEMENT 36, tu pourras compter sur personne pour te sauver, JE SUIS COINCÉE DANS L’APPARTEMENT 36 le fin des 35 heures c’est l’apocalypse pour les boulets dans mon genre JE SUIS COINCÉE DANS L’APPARTEMENT 36. Il y a quelqu’un. Une voisine. Je lui hurle l’adresse email de mon mec, puisqu’évidemment je ne connais aucun numéro par coeur. N COMME NOEMIE… A COMME… EUHH ARISTOCHAT…  Pour les exemples, j’aimerais trouver des mots qui ne laissent pas la place au doute. Mais des mots gentils aussi, des mots qui veulent dire « merci de me sauver ma journée, je suis un boulet je sais, et j’imagine que vous avez sacrément d’autres loutres à fouetter ». C’est dur de mettre tout ça dans un mot, mais Aristochat, c’est pas mal. Je case un Y COMME YAOURT.  Je pense que j’aimerais connaître le morse, et que c’est con, quand même, je l’avais appris quand j’étais petite pour jouer aux agents secrets, ça a du disparaître de ma mémoire au profit de mon code d’accès à mon compte en ligne, mon numéro de sécu, de pôle emploi, de carte bleu, et de quel coté du quai il faut se mettre quand tu prévois de descendre de la 11 à République. Je ne peux pas expliquer tout ça à la voisine en hurlant à travers la porte.
Une heure plus tard, un serrurier me libère. J’ai à peine eu le temps de lire la moitié de Capital. Je suis libre, soulagée, et… malgré tout, une petite partie de moi regrette de ne pas savoir. Savoir ce que j’aurais fait. Comment je me serais occupée. Ce que ça m’aurait apporté. Et surtout, combien de fois il y a la lettre A dans Capital.

Et ouais.

À Madame Bourges.

Chère Madame Bourges,

Moi je comprends bien, vous avez besoin de faire le buzz, comme on dit. 
On est en 2014, il faut du choc, du spectaculaire, du toujours-plus-loin qui se trendingtopic, du regard caméra qui balance et des punchlines qui s’hashtaguent. 

Alors, bam, vous entamez une grève de la faim. Ça de la gueule une grève de la faim, ça claque. Ça respire l’oppression totalitaire et le désespoir de la résistance pacifique, ça s’habille d’oripeaux zoliens, ça transpire le mineur, la suie et la fausse couche sous la pluie, et ça se vautre sans le dire dans la promesse clinquante d’une possible mort héroïque. Nan sans déconner, ça envoie, moi j’ai trouvé ça bien foutu. Continuer la lecture de À Madame Bourges. 

Ivre, Hadopi adopte le label PUR foutage de gueule

Disclaimer : cet article n’a pas grand chose à voir avec mes posts habituels. Mais comme en même temps, c’est mon blog, je fais bien ce que je veux.

Disclaimer 2 : Si toi pressé, toi aller direct au panneau “LE TEST. “ Il est en rouge parce que je suis sympa.

Alors voilà. L’autre jour, je fus prise d’une envie complètement pas inhabituelle : mater tranquillou des séries télévisées de qualité tout en niant de toutes mes forces l’existence du soleil, du printemps, et des gens qui cassent les couilles à vouloir absolument aller bouffer des tomates cerises sans se laver les mains au parc sous prétexte qu’il fait beau, qu’on a retrouvé ses havaianas et que c’est bien connu le rosé c’est meilleur chaud dans un gobelet fendu avec de la pastèque qui attire les moucherons. Bon, bref, j’étais de bonne humeur et j’ignore si c’était ma journée annuelle Mère Teresa ou quoi, mais d’un coup, comme ça, ça m’a pris, j’ai eu envie de télécharger LÉGALEMENT des séries.

Ouais, si. Je sais pas, je l’explique pas non plus et y’a moyen que je doive en parler à mon psy ou quoi, mais si je lui en parle je ferai plus court que ce post parce que tu vas voir que là faut t’accrocher au marronnier et le mec, il facture quand même plus ou moins à la minute, donc bon. Je déconne, parce que j’ai pas de psy, mais franchement tout le reste de l’article est vrai, juré-craché-sur-ton-morceau-de-pastèque.


Donc, ni une ni deux toussa, voilà mon extatique personne -sans déconner j’étais tellement de bonne humeur je pense qu’on avait mis un truc dans mon café-  à la recherche des meilleurs moyens de téléchargement légaux. Parce que oui, ça se la pète à dire que si on pirate comme des porcinets c’est parce que l’offre légale est toute pourrie, mais en même temps si je te dis de me citer un site de téléchargement autorisé tu me dis.. ? Voilà , tu fais moins le malin. Et qu’on vienne pas me parler d’iTunes, je pense que j’ai déjà perdu DOUZE ANS de ma vie à chercher si un épisode allait être sous-titré ou pas et égorgé  tranquille une petite centaine de chatons en réalisant que j’avais finalement acheté la VF. So much pour iTunes côté vidéo, donc, en ce qui me concerne.

Et donc, tu sais ce qu’on trouve quand on cherche “Téléchargement légal” dans Google ? Eh ben on trouve Pur.fr, AKA “le portail de l’Hadopi dédié au référencement de l’offre légale titulaire du label PUR : musique, vidéo, livre numérique, BD, jeux vidéo, logiciel.”


Bingo. Attends parce que je t’entends gueuler que Hadopi, machin ceci, et tu m’empêches de me concentrer. Bon, donc moi je me dis, Hadopi j’ai bien compris que quand on était plutôt de gauche et sur Twitter on était contre, je saurais pas exactement te dire pourquoi, mais de toute façon c’est pas la question, là l’idée c’est juste que si c’est une  liste des sites de téléchargement validés par Hadopi, genre tamponnés « gouvernement-friendly », laisse-moi te dire que c’est pas du fichier torrent pourri à password, ça va être du matos de qualité. (Spoiler : HAHAHA)

Donc PUR, c’est un label qui n’a rien à voir avec une quelconque idée de gaz dans les douches, mais qui est censé valider, attends je te colle le truc “Les plateformes labellisées par l’Hadopi proposent une offre dans le respect des droits des créateurs.” Donc bon, c’est du vrai, du propre, du bio-labellisé-bio, avec les auteurs qu’on imagine touchant joyeusement leurs revenus tout en buvant du lait à même la bouteille de verre et saluant le facteur en chantant, c’est du tamponné-clean et ça te nique pas ton ordi à coup de pop-ups de cul, youpi.

Donc, voilà, je coche “vidéo” et une liste de 20 plateformes de téléchargement video légal s’affiche sous mes yeux moyen ébahis parce que bon bah c’est un peu le principe d’une liste, finalement.

Et c’est là que je décidai de passer au passé simple parce que c’était nettement plus classe, et me dis soudain : tiens, et si je testais tout ce bordel, façon Association de consommateur à base d’enquête de Bernard de la Villardière à cheval sur une plage au bout du monde, et tout ? Ce que je fis.

 Et c’est ici que tu réalises que tu as lu jusqu’ici pour que dalle parce que c’est là que ça commence vraiment, mais la vie est injuste, mon petit lapin, ne m’en tiens pas rigueur, en plus fais pas genre t’as pas un peu lu en diagonale, donc bon.


Si tu as sauté le début jusqu’ici : Previously dans cet article, j’ai décidé de tester les 20 sites de téléchargement légal de vidéo proposés par Hadopi sous son label “PUR”.

Je vais donc essayer de résumer rapido mon test de chacun des 20 sites labellisés par Hadopi. Sachez juste que :

  • N’étant ni Zorro, ni Edwy Plenel, ni Crésus, ces tests ne sont pas empreints d’une rigueur journalistique  de ouf, mais, franchement, faits avec bonne foi.

  • Je jure d’essayer de faire concis, mais vu que j’ai mis 4 paragraphes à arriver jusqu’ici, je vous autorise à en douter.

  • Je les ai testés dans l’ordre proposé par liste d’Hadopi. La liste en question est par ici. On y arrive en 3 clics depuis Google.

    C’est parti. 

1 – FUNANIM (http://www.funanim.fr/)

C’est quoi ?

Funanim.fr est un site de téléchargement de séries japonaises uniquement. Déjà il faut avoir envie de regarder une série japonaise uniquement.

Le test

Premier bon point, je vois direct que c’est bien trié entre VF et VOST.  L’inscription est rapide. Je décide d’acheter ça : Strait Jacket- Le Film – SD.mp4  à  1 euro 49  pour la bonne raison que c’est le moins cher. Mais leurs prix sont dans ces eaux-là pour des vidéos courtes ce qui me parait correspondre aux prix du marché. 

Le site fonctionne très bien et le paiement est sécurisé. A vrai dire,  je suis agréablement surprise.

Jusqu’à ce que je tente de télécharger mon film qui s’est sagement ajouté à leur rubrique “Mes téléchargements” et … message d’erreur. Impossible de télécharger mon fichier. Same player, try again : message d’erreur. Je passe de Chrome à Firefox : message d’erreur toujours.

Capture Funanim.fr : Message d’erreur sur Google Chrome lors du téléchargement

Comme je vois les mots “iphone-ipad” dans l’url de téléchargement, je me dis que j’ai peut-être merdé quelque part et que c’était peut-être un fichier pour mobile only. Dans une dernière lueur d’espoir, j’essaie donc sur iPad. Je vous laisser deviner ? Message d’erreur.

Capture Funanim.fr : Message d’erreur sur Safari pour iPad lors du téléchargement

Pendant ce temps, mon compteur de téléchargements, lui, prend en compte ces essais infructueux. J’en suis à 4 downloads sur 5 autorisés. J’abandonne et j’envoie un mail au SAV. (Le suivi de ce mail sera dans les mises à jour de cet article)

Conclusion : Un site propre et bien fait quoique réservé aux amateurs de séries japonaises.Impossible de télécharger la vidéo achetée. 1€49 dans mon cul.

“Mazette, ce test commence sous de moyen-bons augures”, me dis-je, avant de continuer vaillamment ma mission-de-la-Villardiere. NEXT.

2. WAKANIM  (http://www.wakanim.tv/) 

C’est quoi ?

Wakanim.tv est également un site dédié au téléchargement de séries japonaises uniquement.

Décidément.

Le test

Le site propose quelques épisodes en streaming gratuit, ce qui est plutôt une bonne idée avant d’acheter un truc. Je lance un épisode gratuit : pour que la lecture commence, il me faut valider une pop-up de pub Bledichef, puis une grande fenêtre de pub Blédina s’ouvre. Rien de méga intempestif non plus, et bien que j’aie un sacré doute sur le ciblage d’une pub Blédina pour un public d’accros au mangas, je me dis que c’est toujours moins crade que le festival de pubs Cougar-cherche-plan-cul qui accompagne habituellement le moindre visionnage en ligne 

Capture Binnews.in

J’achète 2 crédits, de quoi acquérir un épisode payant cette fois. Le paiement est bien foutu, et propose le choix entre le streaming (visionnage en ligne) ou le téléchargement physique. Pour 2€30, j’opte pour ce dernier.  Mon fichier se télécharge, hourrah, et en quelques secondes je dispose sur mon ordi d’une vidéo de bonne qualité, avec a priori une durée de vie illimitée.

Hourrah

Conclusion : Un site propre, mais également réservé aux amateurs de séries japonaises. Cette fois, le téléchargement a fonctionné: 2€30 pour un épisode de 23 minutes. Ça me parait cher, mais au moins la qualité est bonne et les sous-titres cleans. Je regarderai jamais ce truc mais c’est cool. Next.

 3 – LARDUX (http://www.lardux.com/)

C’est quoi ? 

Lardux.com est le site d’une boite de prod qui met ses réalisations en visionnage libre. (Comme un million de boîte de prods, nan ?) Visiblement leur créneau, c’est le “court métrage déjanté.” Wokay.

Le test

Je trouve la présence de ce site moyen justifié dans la liste. D’abord on ne parle ici que de visionnage, aucun téléchargement et ensuite, le catalogue proposé sera par définition seulement celui de la boîte de prod. On me parait plus proche du site vitrine d’un réal que d’une alternative au téléchargement illégal du dernier Mad Men. M’enfin, je décide de tester malgré tout.

Sauf que je ne peux pas tester. Le player ne s’affiche pas, quel que soit le navigateur.

Capture lardux.com: pas de player

Bon. Visiblement, le site a connu quelques problèmes :

Merci Bruno !!!

Eh beh, on est pas passés loin de la cata, hein. Je laisse un message sur leur page Facebook et je me casse.

Conclusion

Le player est visiblement victime d’un problème technique, ça peut arriver. Mais le site paraissant complètement amateur, le souci ne semble pas près d’être réparé. En fouillant, je découvre que de toute façon je n’aurais pu voir que des bouts de films…

Une promesse qui envoie du pâté

« Qu’est-ce que ce site fout dans cette putain de liste ? » notai-je alors légèrement décontenancée mais bien décidée à poursuivre mon investigation de folie.

4- PEOPLE FOR CINEMA (http://www.peopleforcinema.com/) 

C’est quoi ?

People for cinema est un site de financement participatif pour la distribution de films. Je… hein, mais qu’est ce que ça fout là?

Le test

En accédant au site, j’apprends que People for Cinema a rejoint Ulule (Une des plus célèbres plateformes de financement participatif). Oké. Donc on est bien sur un site de crowdfunding. (Si tu sais pas, ça veut dire un site où les internautes peuvent co-financer un film en mettant 20 boules chacun en échange d’un truc extra tel que leur nom au générique.)

Rien à télécharger, donc, par ici, et rien à voir avec notre bazar.

Pourtant, il existe bien une autre rubrique sur Pur.fr dédiée au crowdfunding. Mais je vérifie 3 fois, j’ai pas coché cette case, (bande de nases.)

Capture Pur.fr

Voilà voilà.

Conclusion.

Un site de crowdfunding uniquement qui n’a rien a faire là. Je commence à me demander si Madame Hadopi se fout pas un poil de notre margoulette, mais je ne perds pas espoir.

“Ne perdons pas espoir” me dis-je d’ailleurs car j’aime bien me parler comme si on était plusieurs.

5 -MEGAVOD ( http://www.megavod.fr/)

C’est quoi ?

Ouf. Megavod promet “Plus de 1800 films disponibles en téléchargement”. A priori, ni séries japonaises, ni crowfunding ici. J’ai l’impression d’avoir déterré un trésor et je sautille sur mon fauteuil. Pas pour longtemps.

Le test

Bon. Il n’y a donc que des films, toujours pas de séries mais c’est déjà ça.

Au premier abord, le site parait pas mal, quoique les films mis en avant aient une fâcheuse tendance à faire péter de la culotte et du boobs. Mais je ne vais pas m’arrêter à ça.

Faites confiance à Hadopi pour éduquer vos enfants. [La page d’accueil de MegaVod]

Le truc, c’est qu’hormis cette page d’accueil, la seule liste de films à laquelle on a accès  est une liste fort moche classée par ordre… aléatoire ? Pas de classement par thème, ni alphabétique, c’est total freestyle et ça commence à vraiment faire très cheap.

Quel beau catalogue. [Megavod.fr]

Bon, je décide d’acheter le film Nine, parce que je suis contente de voir que le film est proposé de façon claire en VF ou VOST. On me demande mon email, qui devrait visiblement servir à commencer l’acquisition d’un “Pass hebdo”  à 5 euros. Ok, pourquoi pas.

 Sauf qu’en rentrant mon mail, j’ai un message d’erreur qui tourne en boucle et j’ai beau chercher partout sur le site, impossible de trouver une page d’inscription/d’achat. Rien ne fonctionne. En toute bonne foi, je ne comprends RIEN à ce site. Je décide d’appeler le SAV

Oups

 

Après 7 minutes d’attente surtaxée depuis mon mobile (je veux même pas savoir combien ça m’a coûté, je compte bien envoyer ma note à Bernard de la Villardière de toute façon), j’obtiens un conseiller au téléphone.

Je vous colle  ma conversation enregistrée pour me la jouer “On a testé pour vous en caméra caché en floutant les visages” mais elle est assez inutile, vous verrez qu’on entend pas grand chose, sauf moi très fort. Sachez néanmoins qu’hasard ou technique, j’entendais moi-même trèèèès mal le monsieur.

Grosso modo, je lui demande tout simplement comment louer un film, ce à quoi il me demande quel est mon FAI (Fournisseur d’Accès à Internet). Or voilà, mon FAI  c’est Numéricable, et il me dit qu’avec Numéricable, ça marche pas. C’est pour ça que mon email ne fonctionnait pas. (Ah, c’est dommage que le message d’erreur ne spécifie pas directement  ça non, ça m’aurait évité un coup de fil payant ?). Du coup je bredouille que je vais passer chez Free et demande comment ça va marcher. En fait c’est un abonnement de 5 euros par semaine qui donne droit au téléchargement d’un film par semaine. Ça passe visiblement par le FAI  qui le  facture sur votre abonnement tv. Il me dit que pour résilier, il faudra contacter le FAI ou rappeler et obtenir une adresse mail de facturation à ce moment là…mwoké. On est d’accord que ça pue le poisson pourri ?

Ça sent pas très très bon.

Conclusion

Je n’ai pas pu tester le téléchargement.

Megavod.fr me parait au mieux fournir un abonnement avec un catalogue bas de gamme et dont la résiliation promet d’être une tannée, et au pire une arnaque totale.

D’ailleurs, quand on cherche “Megavod”dans Google, voilà ce que ça donne…

TIENS, TIENS

“Ben alors, ils ont pas l’internet chez Hadopi ?” me dis-je en commençant à trouver tout ceci légèrement abusé comme on dit.

6 – EUROPA FILMS TREASURES (http://www.europafilmtreasures.fr/)

C’est quoi ?

Selon Pur.fr “‘Europa Films Treasures propose en streaming un large choix de films de patrimoine.” De vieux films, donc. Bon. C’est toujours pas une alternative au téléchargement du dernier Game of Thrones, mais c’est bien aussi que ça existe. 

Le test

Je clique sur le lien et tombe sur un site mort. Ils ont pas payé leur hébergement ou quoi ?

Ah, zut.

Je me dis que le lien doit être mauvais, ou a changé,  je repasse par google, retombe sur le site : c’était bien ça, et le site est toujours mort. Je trouve la page facebook d’Europa Films Treasure. Là s’amoncellent des messages se plaignant de la disparition du site, depuis plusieurs semaines. 

 

La page Facebook d’Europa Films Treasures

 

Conclusion

Bon, bon bon, bon, bon. Au suivant.

“Pffffff”, me dis-je alors, parce que bon.

7 – ALLOCLIPS (http://www.alloclips.com/)

C’est quoi ?

Pur.fr me promet “une plateforme de lecture en continu (« streaming ») sur laquelle on visionne gratuitement des clips et vidéos”. Ouais. Bon, ça va être du visionnage de clips quoi. On n’est pas vraiment dans le téléchargement, là, pépère. 

Le test

Au passage, sur Pur.fr, la page Alloclips ne présente aucun lien vers le site. C’est pas que ce soit très compliqué pour moi de taper directement  alloclips.com dans google, mais je sais pas, ça vous aurait pas coûté plus cher de mettre un lien, les gars. Pis ça évite toujours de se retrouver sur un fake site qui ressemble au vrai à une lettre près et s’avère être un nid à merde, nan ? M’enfin, j’en suis plus là. 

Bon, donc, je tombe donc sur Alloclips.com qui n’est autre que la plateforme de clips d’Universal sur laquelle je peux regarder le dernier clip de Mariah Carey moyennant le visionnage d’une pub en préroll. Woké. Ça fonctionne. 

Conclusion

Bah conclusion, c’est pas vraiment ce que je cherche quand je me mets en quête d’une “plateforme de téléchargement légal”.

Après, j’imagine qu’au sens très large, ça rentre dans cette catégorie. Le site est propre et fonctionne, même si je peux pas m’empêcher d’imaginer Pascal Nègre se frottant les mains à chaque fois que je me bouffe une pub sur son site, ce qui gâche un peu le plaisir, si tant est qu’il y en eût. 

“Et franchement, il n’y en n’eût pas” ajoutai-je pour moi-même.

8 – Arte VOD (http://boutique.arte.tv/homepage.html)

C’est quoi ?

Hourrah, enfin un truc que je sais qu’il est bien pour l‘avoir déjà utilisé. C’est le site de VOD d’Arte (A ne pas confondre avec Arte+7, son site de replay gratuit)  qui propose des vidéos payantes à la demande. Des films, beaucoup de docus, quelques séries diffusées sur Arte.

Le test

Les gars, c’est pas pour vous faire chier, mais sur Pur.fr vous renvoyez vers un lien pété. j’ai du bidouiller l’url pour retrouver la home, rien d’insurmontable mais sérieux faites un effort.

Ça fait pas sérieux.

A part ça, je vous la fais rapide : j’ai acheté un docu pour 2€99, payé via paypal, et suivi le processus de téléchargement très bien expliqué. J’ai lancé le visionnage : nickel. Un player est téléchargeable si besoin pour mater ton truc plus tard dans le train sans le net. Bref, je peux envoyer ma maman dessus les yeux fermés, et ça, c’est cool. (Surtout qu’Arte a probablement pas une fanbase trèèèèèès “digital native”, c’est donc encore + nécessaire d’avoir un site vraiment très clair)

Conclusion

Eh bah putain ça fait du bien. Le site est ergonomique et fonctionne, 3 euros pour un docu ça me parait honnête.

Après, le contenu, ça reste du Arte. Du coup, en ce qui concerne mon épisode de Game of Thrones, on y est toujours pas, mais alors pas du tout.

9 – CARLOTTA VOD (http://www.carlottavod.com/)

C’est quoi ?

Une plateforme de visionnage de “cinéma dit de patrimoine”. Encore des vieux films, donc.

Le test

Le site marche plutôt pas trop mal, j’arrive à louer pour 50 centimesAladin et la lampe merveilleuse” de Lotte Reiniger, un film en ombres chinoises de 1926 sans sous-titrage. 

Bon, le player n’apparaît pas sous Chrome, et je dois passer sous Firefox pour qu’il fonctionne. C’est con, parce que tu vois, mon grand-père qui est la seule personne que je connaisse susceptible de vouloir regarder ce film qui a le même âge que lui, si je lui suggère de changer de navigateur, c’est environ aussi clair pour lui que si je lui disais de réparer les roues de la soucoupe volante. MAYBON.

De toute évidence, ceci n’est toujours pas le dernier épisode de Game Of Thrones

Mon film se lance. Je ne vous cache pas qu’il ne m’a pas exactement passionnée.

 Conclusion

Ça marche bien, excepté le player sur Google Chrome pour Mac.

Sauf que voilà… j’ai retrouvé exactement le même film dispo sur Dailymotion. Piratage ? Non. Mise en ligne par un établissement public de promotion du patrimoine cinématographique, le British Film Institute. Gratos.

J’en conclus que j’ai payé 50 centimes pour voir un film que j’aurais pu voir légalement et gratuitement. C’est pas que ça soit une fortune, mais j’aime pas trop qu’on se foute de ma gueule, en fait.

 

“Et hop, 50 cents dans mes grosses fesses” me dis-je en ricanant avant de continuer.

10. IMINEO (http://www.imineo.com/)

C’est quoi ?

Selon pur.fr “une plateforme française de téléchargement de vidéos en ligne” 

Le test

Le site est propre, clair, et propose des films vraiment récents. Seule déception, mais de taille: coté séries, quasi que des séries françaises, et pis des qui envoient du rêve…

Tu connais quelqu’un qui s’est déjà dit “Chouette, la saison 5 de Coeur Océan!” ? 

J’achète deux épisodes d’une série française à la qualité douteuse, mais à 1 euro les deux épisodes, j’ai malgré tout envie de dire : quelle affaire.

L’équivalent 2.0 du bac « Promo dvd » d’Auchan.

Sur mac, le téléchargement ne fonctionne pas, seul le streaming est dispo, mais ça a le mérite d’être clairement précisé avant l’achat, c’est cool.  Comme prévu, la série est übermerdique, mais la qualité de la vidéo est bonne, l’achat et le visionnage se passent parfaitement bien.

 Conclusion :

Comptez 5 euros pour 48h de visionnage d’un film en streaming. (Sachez si vous avez pas l’habitude que c’est environ ça les prix du marché)

Coté catalogue, vous pouvez vous fourrer les séries américaines où je pense. Vraiment dommage, parce que le site est bien gôlé et clean, ce qui n’a tellement pas été le cas jusqu’ici qu’on roulerait presque un patin aux developpeurs d’Imineo juste pour avoir fait un site qui fonctionne. C’est fou, hein.

 “Eh oui, c’est fou”, me répondis-je alors à moi-même.

11. INA.fr (http://www.ina.fr/)

C’est quoi ?

“Ina.fr est la plateforme internet de l’Institut National de l’Audiovisuel”. En gros, l’INA c’est les archives de la télé.

Le test

Je connaissais déjà le site de l’Ina qui est hyper bien foutu. Vidéos par thèmes, par personnalité… c’est vraiment une mine d’or. Après, encore une fois, c’est pas du tout là que tu vas trouver la dernière saison de Breaking Bad. (Ou alors tu me dis, hein)

En revanche, si j‘y avais déjà visionné des vidéos, je n’avais jamais acheté un truc à downloader.

J’achète donc confiante une parodie de pub en téléchargement. Le paiement se passe nickel. Rapidement, le moulinet “ en préparation” tourne, tourne, tourne… et, tourne. Mais ma vidéo reste intéléchargeable. Je suis tristesse.

 

Plouf plouf 

J’envoie un mail au sav et finis par abandonner. Snif. 

Conclusion

Le site reste excellent pour patouiller dans les archives de la télé. Mais visiblement, côté téléchargement, c’est moins ça…

“C’est le moins qu’on puisse dire”, notai-je amèrement.

12. MOVIESANGEL (http://www.movies-angels.com)

C’est quoi ?

Selon pur.fr  “Movies Angels est un site de financement participatif”. Again, ça n’a donc juste rien à foutre là.

Le test

Je vais checker par acquis de conscience.  Movies Angels est bien un site de financement participatif, et seulement ça. Au revoir Movies Angels.

Conclusion

Ffffffffff.

 13. OFF TV (http://www.off.tv/)

C’est quoi ?

Selon Pur.fr  “la chaîne musicale d’Universal. Elle diffuse des programmes courts autour de la vie musicale”. Bon, je vais pas m’énerver, là, mais on avait pas dit “sites de téléchargement” ? 

Le test

Sur le site, j’accède au visionnage d’une vidéo d’Emmanuel Moire à la rencontre de ses fans. Bien que ça me ravisse -du verbe ravir qu’on utilise trop peu- je constate qu’on est sur une webtélé, quoi. A nouveau, je ne sais pas si ce genre de truc peut faire techniquement partie de ce qu’on appelle une “plateforme de téléchargement légal” . Ce dont je mettrais ma main au feu en revanche, c’est que ce n’est pas mais alors pas du tout ça qu’on cherche, moi et 99,9% des internautes qui, dans un élan de sagesse, tentent un jour de payer légalement leur épisode de Dexter.

Même en plissant beaucoup les yeux, Emmanuel Moire ne ressemble pas trop trop à Michael C. Hall

 Conclusion

Eh bah c’est une web tv Universal, quoi. Et la vision de la tête de Pascal Nègre ne veut toujours pas se barrer.

“Pars, Pascal ! Va-t-en ! Suis la lumière !” murmure-je alors tout en me demandant si je ne commence pas à péter les plombs.

14. STARZIK (starzik.com) 

C’est quoi ?

Selon pur.fr  “Une offre complète de téléchargement des produits culturels : musique, livre, BD, jeux et logiciel.” Bon, nous on avait demandé des sites de téléchargement de vidéos… et là côté vidéo, visiblement, ça risque de se limiter à des clips.

Le test

Et en effet, c’est surtout un site de download de livres et musique. Coté vidéo, j’ai beau chercher dans tous les sens, je n’accède pour tout catalogue qu’à un “top des clips”, où 11 clips qui se battent en duel sont téléchargeables pour la modique somme de 2€49 chacun. J’avoue que l’intérêt de télécharger des clips me dépasse un peu.

Mais bon. Pleine d’abnégation, je décide donc d’acquérir une vidéo parmi cet étourdissant catalogue de 11 clips…

Mon choix se porte sur Jean-Jacques Goldman : “Juste après”. Un clip de 1993.En même temps, j’avais le choix entre ça, Yannick Noah, Psy et Emmanuel Moire, donc bon, ne me jugez pas.

Le téléchargement fonctionne bien. Voilà. Je dispose donc dorénavant du clip de Goldman sur mon ordi, si ça intéresse quelqu’un. Ça intéresse quelqu’un ?

Jean-Jaaaaaaaaaacques !

Conclusion

Techniquement, le téléchargement a fonctionné, mais coté catalogue vidéo… Oubliez les films et les séries : seul le formidable top 11 des clips Starzik s’offre à vous.

Si avec ça vous continuez à télécharger illégalement la dernière saison de Californication, franchement, je vous comprends plus. 

“Hinhinhinhinhin” ajoutai-je alors mentalement.

15. TOUSCOPROD (http://www.touscoprod.com/)

C’est quoi ?

Un 3e site de crowdfunding.

Le test

Non.

Conclusion

You’re fouting of my gueule ?

16. VIDEO À VOLONTÉ (http://www.videoavolonte.com/) 

C’est quoi ?

A priori un site qui “propose à la location un large choix de programmes audiovisuels […] à visionner en « streaming »”. Bon, ça me parait bien. 

Le test 

Coté séries, surtout des françaises, ou des américaines inconnues au bataillon.

Coté films, ça a l’air assez fourni et à jour. Comptez 5 euros pour un film récent. Je décide d’acheter Shameless VOST S01E01 pour 1,99€, une des rares séries US dont le nom me dit quelque chose, et je lance le visionnage. (Ici, pas de téléchargement, que du streaming.)

Sauf ma vidéo s’avère être en… VF. ARGH.

Je regarde si je me suis plantée à l’achat, je refais le chemin à l’envers, je vois bien écris VOST, je bugue…. et je finis par comprendre. 

Voyez-vous, le carré bleu pétant marqué VOST, ne sous-entendait pas “Vidéo en vost” mais “Cliquez ici pour acquérir cet épisode plutôt en vost en vous rendant sur une autre page”.

Cher journal, je commence à avoir envie de manger mes cheveux

En regardant bien, il est écrit “fr” dans le résumé de ma vidéo. Je me pose une question, c’est SI compliqué de faire un truc clair ? Ou c’est moi ?

Conclusion

Un choix de série tout pourri avec belle embrouille sur la VOST à la clef. Après, côté film, ça  a l’air correct. Uniquement du streaming.

17. VIRGINMEGA  (virginmega.fr)

C’est quoi ?

Le site de VOD de Virgin. Autrement dit, ça doit être assez balèze. Probablement un des plus gros sites de vod français.

Le test

Coté  film, 5 euros pour une loc de 48heures, et 15 euros pour un achat définitif. Ça me parait  pas donné de payer 15 euros un film alors qu’il y a même pas de support à graver, de vendeur à payer, de magasin à louer… mais passons. 

Je décide de vraiment tester les séries, en me disant qu’au moins sur le site de Virgin, je risque d’être servie niveau catalogue. Eh ben mon cochon, quelle ne fut pas ma déception.

33 séries sont disponibles. C’est déjà ça, mais c’est pas non plus extraordinaire. Surtout qu’on compte quelques joyeuses merdouilles du type Samantha Oups. Passons.

Examinons plutôt parmi ce catalogue 3 séries de qualité correcte, connues et largement récompensées aux US : The Mentalist, Nip/Tuck et Friends. 

  • The Mentalist : Alors que la diffusion de la saison 5 vient de se terminer à la tv américaine, seule la saison 1 est disponible sur VirginMega. Non mais prenez votre temps les gars, c’est pas grave. Quatre ans de décalage avec les US, j’imagine que c’est le temps de faire voyager les épisodes en caravelle ?

  •  Nip/Tuck : La 6e et ultime saison de Nip/Tuck a été diffusée en 2010 aux USA. Pendant ce temps-là, la saison 1, et uniquement la saison 1 est dispo sur VirginMega. Ils ont pas du trop kiffer, qu’est ce que vous voulez.
  • Friends: Alors qu’il est difficile d’ignorer que la série s’est terminée il y a bien longtemps (diffusion de la 10e et ultime saison en 2004), on note qu’un effort a été fait chez Virgin. Cette fois, la saison 1 ET la saison 10 sont dispos. Ah non, entre les deux, rien. Mais remarquez, ils ont raison, cette petite série n’a pas beaucoup fait parler. Sachez simplement qu’entre la saison 1 et la 10, en gros ils boivent des cafés et Rachel et Ross ÉTAIENT séparés.

Il me semble que ces exemples représentent parfaitement le problème qu’on rencontre dès qu’on arrive enfin à dégotter un site qui propose légalement des séries : c’est simplement n’importe quoi.

Ah, et j’ai voulu télécharger The mentalist S01E01. Impossible de savoir si ça allait être de la VF ou de la VOST. Mais IMPOSSIBLE. Du coup, je me lance quand même. Une pop-up m’informe que mon épisode ne sera pas lisible sur mon Mac, mais seulement sur un PC à cause du format WMV. Bon, bah je vais aller m’acheter un PC, alors. 

Capture – The Mentalist

Conclusion :

Pas de visionnage possible  sur mac en effet, même avec VLC. Du coup, j’ai lancé la fameuse vidéo sur PC. C’était de la VF. VDM.

“Fiouuuu. Heureusement qu’on en en voit presque le bout” soupire-je alors et vous aussi.

18. VODÉO (http://www.vodeo.tv/)

C’est quoi ?

Un site qui “propose d’acheter en téléchargement ou de visionner en streaming (lecture en continu) plus de 5000 reportages et documentaires”

Le test

Je connais déjà Vodéo pour m’y être abonnée sur TV. Je sais que c’est bien, pas parfait mais il y a des bons docus.

Sur le site, on peut choisir entre louer en streaming 48h, louer en streaming illimité ou acheter un pass  illimité. Je trouve cette multitude de choix intelligente, et je loue un doc pour 48h pour 1€49 qui se lance parfaitement en visionnage

Conclusion

Vodeo fonctionne très bien. En revanche, attention, c’est exclusivement du documentaire/reportage.

Je commence à avoir légèrement envie de tuer pour un épisode d’Homeland en vost. 

“Et d’ailleurs, ça reprend pas bientôt, Homeland ?” se demanda-t-elle alors car switcher au passé simple de façon impromptue tout en parlant d’elle à la 3e personne était l’une de ses passions.

19. VOD mania (http://www.vodmania.com/)

C’est quoi ?

“Une plateforme de vidéo à la demande consacrée exclusivement aux courts-métrages.” Ah, chouette, des courts-métrages… 

Le test

L’idée de mater un court-métrage conceptuel à la place d’un épisode de Modern Family m’enchante autant que celle d’avaler cul-sec une boutelle d’huile d’olive à la place d’un Menu Chirashi mais allons-y. Ce test est ma croix, mon supplice, ma damnation. Je ferme mon dictionnaire des synonymes et décide d’acquérir le court-métrage ci-dessous :

Avouez que ça fait rêver, hein.

Le système de paiement se fait par SMS. Là, j’avoue, je craque. L’idée de payer par téléphone et recevoir pendant 5 ans des messages de Luna-du-77-qui-cherche-des-rencontres-coquines-près-de-chez-vous ou du Rappelez-vite-le-925-25-mes-couilles-pour-récupérer-votre-gain m’épuise d’avance.

Je découvre qu’en créant un compte, on peut alternativement payer en achetant des “tickets”. Sauf que le paiement minimum est de 10 euros pour 2 tickets, et que là… payer 10 euros pour voir un court-métrage sur un extra-terrestre… 

Je me résous donc finalement à payer via un SMS à 3 euros.

Je reçois alors immédiatement un code que je rentre, le paiement a l’air d’avoir fonctionné. Je suis même ravie de constater que la page affiche un choix de langue de lecture. Bon, en vrai il n’y a pas de choix sur ce film, mais l’idée d’avoir pensé à un système clair de  choix VO/VF me fait PLAISIR.

Chouetttttttee un choix de VO/VF. Bon, sauf, là.

Plaisir de courte durée. Immédiatement après mon choix, le player affiche un message d’erreur et refuse de se mettre en marche. Je tente Firefox : même problème. Impossible de lancer cette putain de vidéo d’extra-terrestre. J’envoie un mail au SAV. Le dépit est total, mais  à vrai dire j’ai depuis longtemps cessé d’être surprise. Je n’ai même plus de colère en moi, je crois que j’atteins un stade du zen bouddhiste ou un truc comme ça.

FAIL. 

Conclusion

Je viens de payer 3 euros pour zéro film et 5 ans de messages de Luna-du-77. 

“La vie est une pute.“ grommele-je alors car je suis vulgaire quand je me parle.

 20. ZAOZA (http://www.zaoza.fr/)

Le dernier, putain,c’est le DERNIER ! J’ai mon code de CB qui me flotte devant les yeux, mais je planterai mon drapeau au sommet de cet édifice. 

C’est quoi ?

Selon Pur.fr, “une plateforme de téléchargement qui donne accès à des séries TV, des jeux, des films ainsi que de la musique. Le site donne accès à plus de 70 films et séries, 2000 albums, 1 500 titres musicaux et plus de 2500 jeux vidéo.”

Ehbé. Oké. Sounds like what i’m looking for.

Le test

Déjà, y’a pas à dire, sur Zaoza.fr on est rudement bien accueillis :

Ouh que ça fait envie [Page d’accueil de Zaoza]

Là, si tu n’as pas déjà pris peur, tu découvres en essayant de te connecter qu’il faut exclusivement passer par ton mobile pour y accéder. Déjà, c’est pas du tout spécifié sur Pur.fr cette histoire, mais bon. Je m’y rends donc depuis mon iPhone. 

Pour accéder au service, on me demande mon numéro de portable. Impossible d’esquiver car je dois recevoir le code de confirmation par SMS pour continuer.  Bon. Mon compte créé, j’accède sur mon mobile à une sorte de petit catalogue, avec quelques clips, quelques images sexy, quelques morceaux, tout ça à télécharger… Je ne vois pas de séries.

Le site mobile propose de regarder un extrait de clip, mais j’obtiens un message d’erreur quand j’accepte. Je tente alors d’acheter un pass mais j’obtiens également un message d’erreur. OKAY.

De guerre lasse, je tente alors de supprimer mon compte. Je n’ai rien payé jusqu’ici mais je préfère ne pas les laisser en possession de mon numéro de mobile. 

Je clique donc sur ”désabonnement” . Là, un message me dit que je ne peux pas accéder au désabonnement parce que je suis connectée en Wifi et que je dois impérativement y accéder en 3G. Sauf que voilà, comme le montre la capture d’écran, je SUIS en 3G. Je vérifie : mon wifi est bien coupé. Je réeessaye. Le même message s’affiche. Je résiste à l’envie d’éclater mon téléphone sur mon écran d’ordi dans la mesure où tout ça m’a déjà coûté bien trop cher pour une enquête même pas remboursée par la sécu ou Bernard de la Villardière.

Poum poum poum

Conclusion

Impossible de télécharger quoi que ce soit. Et une partie de moi passera le restant de sa vie à se demander si je ne me suis pas abonnée à vie à un truc payant sur ce site pourri sans m’en rendre compte. Brrr.

Voilà. Quelle conclusion à tout ceci ?

 Honnêtement, je pensais bien tomber sur des services décevants en terme de catalogue, mais je ne m’attendais pas à un TEL torrent de merde.

Déjà, aucune de ces plateformes de vidéos ne propose ce que je cherchais vraiment : une alternative légale payante au téléchargement illégal de séries, de TOUTES les séries, avec TOUS leurs épisodes, et dans leurs langues originales. On en est vachement loin.

Au lieu de ça, des sites qui ne fonctionnent pas, des téléchargements qui échouent, des sites de boîtes de prod qui n’ont rien à foutre dans le bouzin, et globalement une demi-douzaine de saisons orphelines de séries en VF qui se battent en duel avec des clips des années 90. Quelle récolte. 

Mais vous faites quoi, avec ce label, vous blanchissez de l’argent ou quoi ?

Certes, la Hadopi est sur le point de disparaître en tant que telle, mais c’est a priori simplement pour être remplacée par un système similaire, et on est en droit d’imaginer que les systèmes comme celui du label PUR vont rester. En tout cas, il est aujourd’hui toujours en place. Ce n’est pas forcément une mauvaise idée en soi que d’essayer de guider le consommateur vers des sites légaux et de qualité. Mais… qu’ils soient légaux et de qualité, alors… non ?

Je me pose quelques questions.

Comment une “Haute Autorité” gouvernementale a-t-elle pu filer des labels de bienséance à de telles bouses ? C’est vrai, certains des sites testés ont très bien fonctionné, et notamment, Arte vod, Vodeo et Imineo. Mais c’est peu, non, sur 20 sites accrédités ?

D’autant que ce sont plutôt les sites de docus qui s’en sortent bien, et les docus, c’est très bien, mais ce n’est pas vraiment le coeur de la guerre du téléchargement illégal.

Comment la Hadopi a-t-elle pu délivrer un label de qualité à un site aussi douteux que MegaVod sans même investiguer 3 secondes ? Rien que la requête Google “Megavod arnaque” renvoie plus de 75 000 résultats, les gars, et vous envoyez les mères de familles se faire détrousser en toute confiance. Good Game, sans déconner vous m’épatez. Ça veut dire quoi ? Ça veut juste dire que vous avez même pas passé 3 minutes à glandouiller sur ce site avant de lui accorder votre bénédiction.

Comment peut-on (faire) croire qu’apposer un label sur le site de Virgin qui se permet l’ultime foutage de gueule de proposer à son public des trucs tels qu’au choix  “Friends Saison 1” OU ”Friends saison 10” contribue à lutter contre le téléchargement illégal ?

Certes, le label PUR est censé valider le respect des droits d’auteurs, pas spécifiquement l’honnêteté, l’intérêt et le bon fonctionnement de la plateforme, mais ça me parait être la base, nan ? 

Si je fais des vidéos pédophiles mais que je reverse de l’argent au gamin, c’est bon, vous me filez le label ?

Si je fais des lasagnes de viande humaine mais à base d’humains nourris au grain, vous me filez le label Bio ?

En tant que consommatrice, je m’attends quand même à ce qu’un truc validé par le gouvernement tienne la route, même si ledit label ne concerne pas spécifiquement cet aspect.

Et pour être sûr que ça tienne la route, vous auriez peut-être du tester viteuf le site à qui vous filiez votre joli macaron, non ?

Vous allez me dire, pour faire ça bien, ça prend du temps, et le temps, c’est de l’argent.

Je lis ici que “le budget de la campagne multi support « PUR » de l’Hadopi est de plus de 3 millions d’euros”

Dites donc, les gars, vous vous les êtes fourrés où les 3 millions ? Parce que moi je vais vous dire, ça m’a pris 48heures et coûté 20 euros et 23 centimes, cette affaire. C’était trop chaud pour vous ? Ric-rac, les fins de mois à 3 millions ?

Cet article n’a pas de vocation politique. Je vais pas me la péter, je ne maitrise absolument pas les tenants et les aboutissants du business de la culture. Je ne sais pas ce qu’il faudrait faire.

Le seul truc dont je suis certaine, –et là je m’adresse au petit monsieur derrière son bureau qui  distribue ses macarons hadopi– c’est que si tu veux que je paie pour du téléchargement sur un de tes sites labelisés mon bon Robert, laisse-moi te dire que pour l’instant tu me proposes pas un truc qui ressemble au quart du début de la moitié d’une offre qui serait suffisamment convenable pour que je sorte mon portefeuille.

Je lis que “Pour la hadopi, l’offre légale est trop peu visible”. T’as raison pépère, le problème c’est la visibilité de l’offre légale, faudrait surtout pas voir à jeter un coup d’oeil sur la qualité de ton bazar. Eh, tu sais, c’est pas la taille qui compte, si tu sais pas te te servir de ton bidule.

En bref, ce test aura servi à deux choses. Me filer un énorme sentiment de légitimité à pirater du contenu. Et me donner l’impression que quelque part, dans les Hautes Instances de Mes Couilles, on se fout doucement de nos gueules en se resservant des frites à la cantoche.

Bien joué.

Crédit : http://frenchjournalist.tumblr.com/

MISE à JOUR DU 10/06/13  à 14 HEURES

  • J’ai eu plusieurs retours selon lesquels le site de l’INA vod fonctionnait parfaitement. N’écoutant que mon courage et mes fabuleux lecteurs, je suis retournée voir où en était mon téléchargement. Il mouline toujours « En préparation « depuis samedi.  J’ai donc acheté une deuxième vidéo, puis tenté de la télécharger successivement via Chrome, Firefox et Safari. Sans succès. 
MISE à JOUR DU 11/06/13  
 
  • J’ai aussi reçu un mail spontané de VidéoAVolonté (le site sur lequel j’ai cru acheter Shameless en VO et qui s’est avéré être en VF) qui après avoir lu mon article proposait de m’offrir 10€ de crédit. (J’ai décliné tout ça dans un grand combo flemmo-déontologico-de-la-Villardière). Les SAV auraient ils eu la même réaction généreuse s’ils n’avaient pas su que j’étais derrière cet article ? (L‘INA m’appelle mademoiselle alors que j’ai utilisé un pseudo masculin dans mon mail…?) Evidemment, Dieu Bernard de la Villardière seul le sait.
  • J’ai reçu un gentil mail de qqun d’Arte pour préciser que le lien de Pur.fr vers le site d’Arte avait depuis été réparé.
  • Je lis tous vos commentaires, souvent instructifs. Pardonnez-moi de ne pas y répondre, mais pour être honnête j’ai la flemme poney. Je vous kiffe.
MISE à JOUR DU 12/06/13  

Très cher Claude Guéant.

Très cher Claude

 J’y ai pensé tout le week-end. Enfin pas tout le week-end, tout le week-end, parce que j’ai eu un ou deux trucs à faire, mais j’y ai pensé. Dans la queue de la Poste, notamment, au lieu de râler dans ma tête sur la dame de devant qui venait chercher un colis sans son avis de passage, j’y ai pensé. Pourtant, franchement, en temps normal j’aurais plutôt râlé sur la dame de devant dans ma tête. Vous ne me connaissez pas alors vous pouvez pas savoir, mais je râle  vachement souvent dans ma tête, Claude. Mais là, à la place, j’y ai pensé. 

 

Donc j’étais là, dans la queue dans la Poste, et quelque chose me turlupinait. Je pensais à votre histoire Claude. Votre histoire de tableaux revendus à des prix intergalactiques. D’abord je me suis dit que j’espérais qu’ils étaient beaux, vos tableaux, à ce prix-là, qu’on ne les avait même pas vus, et que s’ils n’étaient même pas plus beaux que ça, ça faisait quand même cher le pot de peinture. Ce que je me me suis dit très exactement c’est qu’à ce prix-là, si c’était même pas beau, votre artiste flamand, il avait du acheter ses tubes de gouache chez Monoprix.

 J’aime bien dire du mal de Monoprix parce que c’est trop cher, Claude, je vous le dis parce que c’est pas sûr que vous sachiez.

Vous voyez, je râle dans ma tête mais je suis sympa.

Alors donc ce truc n’arrêtait pas de me turlupiner, et à un moment j’ai compris pourquoi. Je savais bien que ça me paraissait romanesque, un peu, cette histoire de toiles mais… et puis j’ai trouvé. Je l’ai compris en regardant les enveloppes pré-timbrées dans la queue de la poste, avec des éditions spéciales Festival de la BD d’Angoulême. Ca doit pas bien partir, vous voyez, les timbres, parce que le festival d’Angoulême c’était en février, Claude.  

J’ai trouvé, vous vous êtes inspiré de Tintin. 

Je me suis rappelé de cet album, mais si, celui qu’ils ont massacré au cinéma, là ? Le Secret de la licorne. Vous vous rappelez, Claude, du Secret de la Licorne ? Voyons, ne faites pas semblant que non, je sais que si. Le Secret de la Licorne, c’est celui où Tintin achète une maquette de bateau aux puces. Et puis, un bonhomme s’en mêle, demande à lui racheter… il offre même de lui racheter cher, Claude, très cher ! A un prix défiant toute concurrence !  Vous voyez où je veux en venir ? 

S’en suit une série de rebondissements à travers lesquels ont découvre l’existence d’une deuxième maquette. Une deuxième oeuvre d’art, Claude ! Comme vous ! Je n’ai pas pu m’en empêcher, quand j’ai compris ça, j’ai grommelé « oh ! » dans la queue de la poste et la dame qui était venue sans son avis de passage a cru que c’était pour elle. Vous avez failli m’attirer des ennuis, Claude ! 

 C’est quoi la suite, je me suis demandé en faisant semblant de ne pas voir que la dame avait pensé que c’était pour elle. Je crois qu’on découvre finalement trois maquettes… et dans ces trois maquettes, se trouvent les parties d’un plan, un plan menant à un trésor ! 

Alors ça, je me suis dit, c’est dingo – attention parce qu’autant si vous dites c’est dingo dans la vraie vie vous mourrez instantanément de ringardise aigüe, autant dans votre tête c’est bon vous pouvez – c’est dingo, je crois que ce bon vieux Claude s’est pris pour Tintin.

D’un coup, ça m’a paru logique, Claude. 

Evidemment que si vos deux tableaux contenaient chacun un morceau de carte au trésor, un riche chercheur de trésors cachés vous les a rachetés à prix d’or ! Evidemment que, pris par vos propres obligations professionnelles, vous ne pouviez pas vous-même partir, la fleur au bout du tractopelle, à la recherche du pactole ! Et puis partir en voyage comme ça, ce n’est plus tellement de votre âge, d’autant que, l’étranger, d’une façon générale,  ça ne vous a jamais trop attiré, hein, Claude. 

Vous avez préféré vendre, mais cher, attention !

Votre acquéreur, lui, est certainement déjà en quête du troisième tableau qu’il rachètera à prix d’or à un modeste collectionneur trop heureux de s’en débarrasser pour s’acheter une BM avec les sièges qui chauffent et les jantes chromées.

Mais pourquoi ne pas avoir tout de suite avoué votre petit manège aux enquêteurs, et à la presse ? Honnêtement, je crois que tout le monde aurait compris !

Et puis Tintin, ça vous va bien ! Tenez, on parlait de cinéma tout à l’heure, je vous imagine bien le jouer au cinéma, moi, Tintin ! Ah si, Claude, vous seriez fameux ! Imaginez, « Tintin au Congo », avec dans le rôle titre, l’homme qui, il y a peine deux ans de ça, nous tenait un discours sur les civilisations inférieures ! Ça colle, Claude, ça colle ! Tintin au Pays de l’Or Noir… ça colle aussi ! 

On prendra un sosie pour Kadhafi, ne vous en faites pas, on trouvera. Vous savez, Claude, les Arabes, c’est pas ce qui manque… hein ! Tenez j’ai un copain pour le rôle, il s’appelle Karim, bon, il est français, hein, mais comme il a un prénom arabe, ça ira, non ? Mouammar, Karim, bonnet blanc, blanc bonnet… enfin, je dis blanc, mais on s’est compris, Claude hein ? Quand y’en a un un.. hein ! 

Attendez, Claude, je suis en train de me dire un truc, là. Un truc auquel j’avais pas pensé… Est-ce-que vous n’auriez pas manigancé tout ça JUSTE pour devenir une star de cinéma ? Parce que si moi je vous imagine dans le rôle, Luc Besson vous imagine peut-être aussi ! Mais bien sûr ! Oh que c’est malin ! 

Vous savez, Claude, tout ça pour devenir le nouveau Tom Cruise,  vous êtes allé loin, quand même. Vous allez avoir des problèmes mon petit lapin, des gros problèmes. 

Alors filez préparer votre défense parce que cette tentative de reconversion professionnelle dans la comédie juste au moment où le gouvernement va interdire de cumuler des hautes fonctions avec certains jobs, ça me parait tomber un peu trop comme-par-hasard pour être honnête. 

Parce que comme on dit dans le milieu : « Coïncidence ? Je ne pense pas. »

Très cher Oscar.

Très cher Oscar Pistorius.

Je vous le dis comme je le pense : cessez de nous prendre pour des moulettes.

Sans déconner, Oscar, avec tout le respect que je vous dois, nonobstant le fait que vous portiez le nom d’une statuette prisée des cinéphiles, vous n’assurez pas tellement un kopeck en matière de scénario rocambolesque à rebondissements multiples.

Car voyez-vous, Oscar, j’ai bien réfléchi. Ça m’arrive parfois entre un épisode des Experts Miami et un subway-salade-tomate-oignons.

Vous mangez des subway-salade-tomate-oignons parfois, Oscar ? Non, ne me répondez pas, vous risqueriez de vous enfoncer un peu plus dans le mensonge, et voyez-vous, ici en France, entre nos problématiques cahuzo-helvétiques et nos cours fluctuants de la revente d’oeuvres d’art de l’Intérieur, question bobards, apprenez que la coupe est tellement pleine qu’elle est pas loin de dégobiller.

Je sais bien qu’à côté de ça, de votre coté, vous n’y êtes pas pour grand chose, mais je vous dépeins le contexte, Oscar, vous devriez savoir que c’est important le contexte quand on tente de ficeler des scénario. Et ne me broutez pas à venir m’expliquer qu’on dit scenarii, Oscar, ou c’est mon salade-tomate-oignons à travers le museau. Bon.

Donc voyez-vous Oscar, j’ai bien réfléchi, et tandis que je mordais une tranche de tomate aussi goûteuse qu’une ramette de papier monoprix, votre petit stratagème m’est apparu.

Vraiment Oscar, je ne vous félicite pas. Vous êtes allé trop loin. Je m’explique.

Que vous ayez procédé à la découpe de vos propres membres inférieurs alors que vous n’étiez qu’un foetus dans le but évident d’attirer l’attention des médecins et de votre petite famille, en espérant obtenir le droit de regarder davantage d’épisodes de Dora l’exploratrice et du rab de mousse au chocolat à la cantoche, passe encore, Oscar, vous faites bien ce que vous voulez.

Que, las de ces avantages trop insuffisants pour contenter la fringale démesurée de votre égo racoleur, vous parveniez à devenir champion d’une discipline de course à pied sans pied dans le but vénal de vous attirer l’admiration de spectateurs ébahis par votre courage et par extension le soutien financier de sponsors pour qui votre combo amputation-champion représente plus ou moins le saint- graal du marketing, afin de faire tomber sur vos épaules auréolés de gloire une incalculable pluie de dollars, passe également. – Que celui qui n’a jamais rêvé un jour de commander un salade-tomate-oignons king size sans même regarder à la dépense vous jette la première pierre, Oscar-.

Que, passée l’exaltation des derniers Jeux Olympiques, vous vous soyez senti fatalement retomber dans un oubli médiatique terrifiant, et, dans un geste désespéré, ayez décidé de mettre théâtralement fin à la vie de votre petite amie lors de la dernière Saint-Valentin, braquant de nouveau sur vous les objectifs de la planète entière, Oscar, passe également. Le 14 février est un passage cruellement difficile pour tout un chacun, et notez même, Oscar, qu’un certain nombre de vos contemporains vous a probablement envié au moment de régler l’addition de deux Menu Lovers de Chez Jacky qui franchement ne valaient pas particulièrement leurs 72 euros chacun surtout avec le champagne en supplément et n’allez pas me dire que c’est une ribambelle de coeurs en papier crépon dans le couloir des toilettes qui pèse sur les coûts. Enfin, bon.

Mais la suite, Oscar, n’est pas pardonnable, bien qu’il faille reconnaître que vous ayez mis du coeur à l’ouvrage.

Je ne suis pas ingrate, c’est vrai, quel travail ! Quelle abnégation ! On devine qu’il vous a fallu de longs mois pour infiltrer des réseaux terroristes, qu’il vous a fallu prendre de grands risques dans un milieu de malfrats, tout en jonglant avec votre propre procédure judiciaire ! Quel labeur !

L’idée n’était pas idiote, Oscar : faire procéder à des explosions criminelles en plein marathon américain pour – on devine la suite- d’abord rendre visite quelques semaines plus tard aux victimes amputées de cet attentat sportif, puis compatir devant les caméras de télévision. En tant que sportif d’abord, en tant que victime de pertes des membres inférieurs ensuite ! En tant que modèle du dépassement de soi, surtout ! Qui mieux que vous pour incarner l’espoir, pour ces victimes, de courir un jour à nouveau, paré de prothèses futuristes fendant le vent comme un doigt d’honneur au terrorisme mondial !

Vous, vous auriez ri en silence de leur ignorance, parce que ce terrorisme mondial… c’était vous, je me suis dit en cherchant la moutarde.

Quel plan ! Bien sur, Oscar, vous saviez que l’Amérique touchée au coeur se chercherait un héros : vous seriez ce héros ! Et ni une ni deux, vous seriez parti à la conquête de la présidence ! Évidemment, vous n’êtes pas américain, il aurait fallu régler ce détail, mais après tout, un héros de la prothèse, en pleine Amérique de l’amputation, les électeurs n’auraient pas été trop regardants, vous disiez-vous !

Vous auriez fait la une de Time Magazine. Sur votre gauche, un survivant de Boston. Sur votre droite, un GI ayant laissé un membre en Irak. Beyoncé vous aurait peut-être écrit une chanson. « No leg, one heart« , ça se serait appelé.

Vous auriez réussi, Oscar. Des années de présidence, des foules d’enfants scandant votre nom, probablement un Prix Nobel, le pape François vous rendant visite à la maison blanche pour un brunch dominical aux côtés de votre épouse Rihanna, s’arrachant même solennellement une cuisse ou un morceau d’oreille en votre honneur !

Et personne n’aurait jamais rien su !

Seulement voilà, mon petit Oscar, c’est embêtant pour vous mais j’ai réfléchi et je vois clair dans votre jeu. Je m’en vais balancer votre petite manigance criminelle au monde entier, Oscar, je m’en occupe dès que j’ai fini mon subway. Vous êtes cuit, Oscar.

Alors arrêtez de nous prendre pour des moulettes, et commencez à préparer votre défense, mon petit lapin.

Parce que comme on dit dans le milieu : « Coïncidence ? Je ne pense pas. »

 

 

image crédit : Erik van Leeuwen (modifié)