Moundir est un trentenaire attardé, un peu rebeu, un peu bogosse, le cheveu un peu frisottant et un peu connu pour avoir participé à une saison ancestrale de Koh Lanta. Vous n’en savez pas plus. Mais vous lisez qu’il sera le héros d’une télé réalité à la con sur une chaine secondaire : « Moundir, l’aventurier de l’amour ». Vous oubliez.
Jusqu’à ce soir, où la neige fout en l’air le match de foot et vous octroie l’occasion d’assister aux exploits du sémillant Moundir, à la recherche de l’âme soeur parmi une brochette de candidates joyeusement fournies à l’étage mammaire.
Or vous découvrez que Moundir est attachant.
Certes le jeune homme débite un paquet d’ânerie à la minute plus rapidement que Patrick Sebastien.
Certes, Moundir jongle avec l’art de la syntaxe aussi adroitement que Jean Claude Vandamme.
Certes, Moundir a le besoin immodéré de séduire d’un Mickael Vendetta.
Mais Moundir vous fait rire, et vous le prenez en affection. En suivant ses aventures, une foule de réflexions s’offre à vous. Parmi elles :
« Quand elle arrive, il y a une sorte de 14 juillet qui monte en moi, comme une sorte de prise de la bastille. J’ai l’impression de vivre ce débarquement. »
Vous apprenez que le débarquement, contrairement à ce que vous aviez toujours cru, a eu lieu le 14 Juillet 1789. Et présumez que les Anglais ont juste du vachement se faire chier à attendre sur la plage jusqu’en 44.
